UNDP-MDG-00861 Evaluation Finale Du Projet Landja a Madagascar
Issued by UNDP · via UNGM — UN Global Marketplace
- Published
- 11 Aug 2026
- Closes
- 11 Sept 2026
- Reference
- UNDP-MDG-00861
- Location
- Madagascar
Details
UNDP-MDG-00861 CABINET POUR L’EVALUATION FINALE DU PROJET LANDJA « Rapprochement de la justice formelle et de la justice traditionnelle pour une meilleure cohésion sociale »
1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Madagascar fait face à un double défi en matière d’accès à la justice et de cohésion sociale. Avec seulement 42 Tribunaux de Première Instance pour 119 districts, de vastes zones rurales demeurent en marge du système judiciaire formel. Cette distance, à la fois géographique, économique et culturelle, alimente le recours aux mécanismes coutumiers de règlement des différends, notamment les Dina, profondément ancrés dans les traditions locales. C’est dans ce contexte qu’en fin 2023, une nouvelle initiative visant l’amélioration de l’accès des populations à la justice a démarré et dénommé « Projet Rapprochement de la justice formelle et traditionnelle pour une meilleure cohésion sociale » (projet LANDJA : Lalàna Arindra amin’ny Dina, raha Jiaby Ara-drariny / Law Application Networked to Dina, Justice for All). En favorisant la complémentarité entre justice traditionnelle et justice formelle, il cherche à instaurer une justice de proximité, fondée sur la confiance, la transparence et le respect des droits fondamentaux. Il contribuera à rendre conforme à la législation, aux normes et standards en droits humains le processus d’élaboration et l’exécution des Dina tout en permettant à la majorité de la population des zones d’intervention, dont les femmes et les jeunes, un accès plus équitable aux systèmes de justice. Ce projet est mis en œuvre conjointement par le PNUD (en vue de rapprocher les mécanismes de justice traditionnels, de prévention et de gestion des conflits traditionnels aux mécanismes formels) , le Haut-Commissariat aux Droits Humains (HCDH) (afin de rendre conforme à la législation, aux normes et standards en droits humains le processus d’élaboration et l’exécution des Dina) et MSIS Tatao (à travers la mise en place d’un système de redevabilité transparent et inclusif à travers le mécanisme de contrôle citoyen, favorisant l’instauration d’un climat de confiance envers les mécanismes de justice). Financé par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (UNPBF) et sous le lead du ministère de la Justice, le projet est structuré autour de trois (3) principaux résultats et sept (7) produits : Résultat 1 : Les acteurs (OSCs, membres des Comités Exécutifs des Dina, autorités administratives et judiciaires) exercent leurs rôles en conformité avec la législation en vigueur, les normes et standards internationaux de l’État de droit et des droits humains
Résultat 2: Le rapprochement des mécanismes de justice traditionnelle et formelle est effectif
Résultat 3 : La confiance des communautés à l’égard des Dina et du système de justice formel et les droits des justiciables dont les populations vulnérables sont renforcées grâce à l’opérationnalisation au niveau des collectivités d’un mécanisme de contrôle citoyen (CC) de ces systèmes de justice. Il faut noter que les Dina sont des conventions collectives basées sur les traditions, adoptées au niveau des Fokontany, des communes et des régions, pratiqués dans toutes les localités de l’île avant même l’existence de la justice étatique. Ils sont régis par la loi n°2001-004 du 25 octobre 2001 portant réglementation générale des Dina en matière de sécurité publique. Ils sont reconnus comme « une façon de renouer avec l’efficacité de l’organisation traditionnelle de la vie en société » et servent à la fois de balises et de règles sociales, définies par les communautés elles-mêmes et qui contribuent à la prévention et à la résolution des conflits au niveau de celles-ci. Pour mieux asseoir les effets du projet, il suit la théorie de changement suivante : SI les acteurs concernés par les systèmes de justice traditionnelle, acteurs étatiques ou non étatiques, sont habilités et ont confiance dans leur plein droit et légitimité dans l’exercice de leurs rôles dans le cadre des Dina, en respectant les normes et standards internationaux des droits humains et les textes en vigueur ; SI la confiance et la collaboration entre les populations sans discrimination, les justiciables, les Comités d’exécution des Dina et les autorités étatiques sont améliorées, à travers d’une part, le renforcement ou la création d’espaces de dialogues et le développement de stratégies en faveur d’un accès à une justice inclusive, respectueuse des droits humains et satisfaisante, car complémentaire ; et d’autre part, une plus grande inclusivité des Comités exécutifs de Dina SI une bonne gouvernance des systèmes de justices traditionnelle et étatique, à travers la mise en place de mécanismes de contrôle et de redevabilité inclusifs, transparents est disponible et opérationnelle ; ALORS , les droits des individus et des populations, y compris les groupes vulnérables, à l’accès à une justice équitable sont mieux respectés, leur permettant dexercer pleinement leurs droits et de contester les discriminations, tout en augmentant leur confiance dans cet aspect clef de la gouvernance et de l’état de droit et en diminuant aussi bien les abus des droits humains que le recours aux vindictes populaires comme solution aux différends, CAR , les systèmes de justice traditionnels et étatiques cohabitent de manière complémentaire en favorisant la collaboration entre les acteurs, ET le processus d’élaboration et l’application des Dina sont encadrés conformément à la législation en vigueur et les acteurs des systèmes de justice redevables. Malgré cette approche, les risques suivants ont été identifiées, auxquelles le projet est resté attentif aux dynamiques contextuelles pour maximiser ses chances de réussite et assurer une participation effective des jeunes à la consolidation de la paix et à la cohésion sociale : · Ingérence politique dans le processus de prise de décisions des Comités exécutifs des Dinas · Manque d’intérêt des acteurs institutionnels par rapport au Contrôle Citoyen de l’Action Publique et possibles frictions lors de demandes d’informations, ou des constats faits par suite des Contrôles Citoyens des Comités d’exécution · Résistance culturelle des notables/ chefs concernant le changement des normes et manque d’ouverture pour la participation accrue des femmes et des jeunes · Manipulation et récupération politique des informations et résultats des suivi-observations en déformant certains constats, conclusions ou recommandations · Représailles contre les OSC et les jeunes par rapport aux contrôles, aux interpellations et/ou aux recours adressés auprès des Institutions compétentes · Méfiance des citoyens, des jeunes et des communautés locales face aux questionnaires et/ou des OSC responsables de réaliser le contrôle-citoyen · Sabotage et sécurité du système NTIC utilisé surtout pendant la collecte et transfert des données · Crise sociopolitique Depuis 2023, plusieurs activités ont été menées par les différents partenaires entrainant des progrès significatifs vers l’atteinte des résultats escomptés. A titre d’exemple, l’homologation du Dina « Dinan’i Androy » par le Tribunal d’Ambovombe, et du Dina Tsy Mavandy par le tribunal de Farafangana représentent une avancée institutionnelle majeure, consacrant les Dina comme outils légitimes de justice communautaire. Ce jalon renforce la confiance des communautés envers les institutions et ouvre la voie à une sécurité locale durable. Les acteurs locaux (OSC, KMD, autorités administratives, judiciaires et sécuritaires) ont vu leurs capacités améliorées pour intégrer les principes de justice équitable et d’inclusion, avec une attention particulière portée aux femmes, jeunes, personnes handicapées et minorités, pour une gestion pacifique des conflits. Dans ce cadre, les Observatoires Régionaux des Droits Humains (ORDH) ont également vu leurs compétences renforcées, avec une hausse significative des signalements documentés (de 9 en 2024 à 183 en octobre 2025), illustrant une montée en puissance de leu
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